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Mon témoignage à propos des troubles du comportement alimentaire, vécus par beaucoup de jeunes femmes et hommes souvent incompris et jugés !

J'ai vécu un harcélement scolaire sévère pendant 2 années à l'âge de 10 ans, ce qui a créé un traumatisme qui m'a profondément perturbée jusqu'à mes 17 ans où je tombe en plein dans l'anorexie, puis la boulimie vomitive, cela a duré 18 ans, il y a 9 ans, je commence cet éprouvant combat pour tenter d'en sortir, j'ai 40 ans.

Cela a été un long cheminement vers la guérison de mon âme.
Une anorexie-boulimie représente un suicide long comme un appel au secours suite à des traumatismes propres à chacun(e).

Le ventre vide, le ventre plein, le froid autour, les doigts au fond de la gorge, la tête dans les toilettes, le regard éteint, la peau sur les os, 38 kg, 86 kg, les crises de nerfs, les idées noires, les neurones à la dérive, la solitude, vivre pour manger, manger pour vivre, le dégoût de soi, la culpabilité, l'incompréhension et les jugements des autres, les larmes, les pulsions, les sevrages, car la boulimie devient une addiction, un répère, elle comble ce vide abyssal à l'interieur de soi, le manque, un cercle vicieux destructeur, un malaise souterrain…

Pour en sortir, c'est une seconde vie qu'il faut reconstruire. On ne se débarrasse pas d'une addiction en la flanquant par la fenêtre, il faut lui faire descendre l'escalier marche par marche.

L'enfer, c'est quand il n'y a pas de pourquoi, on comprend le pourquoi quand on s'élève au-dessus de la maladie, quand on l'a affronté, apprivoisé, quand on a appris à danser avec, j'ai dû m'autopsychanalyser pour comprendre, j'ai su trouver cette force intérieure insoupçonnée tout au fond de ce corps et de cet esprit meurtris, mon âme a su accepter son incarnation, difficilement encore aujourd'hui. Ce fût un long rite de passage, initiatique, presque chamanique, car le plus dur combat est celui mené contre soi-même, et quand on s'en relève, on en est à jamais changé.

J'ai aujourd'hui de la Gratitude pour cette épreuve, je suis en partie libérée, mais pas totalement, parce que rien ne s'efface, les programmations sont longues à neutraliser au stade où je l'ai vécu, on reste abstinent toute sa vie, déconstruire est éprouvant.

Prendre conscience de soi-même, de ses blessures, de ses mécanismes est essentiel pour se réparer et pour ne pas induire les autres. La liberté véritable ne peut venir que de l’intérieur de Toi, ce qui t'est mis sur le chemin, ne le fuis pas, accepte-le, transmute le avec beaucoup de patience et d'amour.
On apprend à vivre avec, à garder l'équilibre et la sérénité, parfois dans les plus grandes tempêtes, les plus grandes déstabilisations, mais on vit.

PS : les réseaux sociaux sont une calamité pour ce qu'ils formatent dans la tête des gens, tout est erroné et généralisé, les dictats et les stéréotypes sont destructeurs.

Personne ne prétend que la résilience est un recette du bonheur. C'est un estrétégie de lutte contre la difficulté qui permet d'arracher le plaisir de vivre, malgré le murmure des fantômes au fond de sa mémoire.

À cette vie teintée de douleurs et de bonheurs, à ces moments où le sourire se (re)pose enfin, à en jouir pleinement, car elle est fragile, douce, puissante, rude et éprouvante, mais véritablement belle et initiatrice. ♡

Virginie